11 novembre 2007
«Memento mori»
source : Lorette Coen | Mercredi 7 novembre 2007
© Le Temps, 2007 . Droits de reproduction et de diffusion réservés.
L'oeuvre grimaçante qui figure en couverture vaut littéralement son pesant de diamants. Sur ce crâne grandeur nature, réplique en platine de celui d'un homme décédé au XVIIIe siècle, l'Anglais Damien Hirst en a incrusté 8601, y compris dans le creux des orbites. Pour l'amour de Dieu pourrait bien s'avérer la pièce la plus coûteuse jamais réalisée de mémoire de sculpteur: il y a englouti entre 15 et 19 millions de dollars, dont près de la moitié pour l'énorme joyau de quelque 50 carats qui orne le front.
Damien Hirst n'a certainement pas regretté l'investissement puisque son crâne a trouvé preneurs, en août dernier, pour 100 millions de dollars. La transaction, passée en août dernier avec un groupe d'acheteurs, a fait sensation. Ne dit-on pas que l'artiste lui-même en ferait partie? Il a l'habitude des records. En juin déjà, Lullaby Spring, une armoire à pharmacie métallique contenant 6136 pilules faites à la main et peintes individuellement a été vendue 19,2 millions de dollars chez Sotheby's. Il s'agit de l'œuvre la plus chère vendue aux enchères pour un artiste encore vivant. Dont les mérites, outre la perspicacité financière et la capacité de conduire sa carrière, sont effectivement grands.
Damien Hirst, 39 ans, vite remarqué par le célèbre marchand Charles Saatchi, figure en tête du mouvement des Young British Artists: original, vigoureux, provocant. Grand metteur en scène des corps et des univers biologiques, telle sa série d'animaux plongés dans du formol. «Y a-t-il meilleure manière de dire «Au diable la mort!» que de couvrir son symbole de luxe, de désir, de décadence? Du crâne d'origine, je n'ai conservé que les dents. Il faut cet élément grotesque pour que cela fonctionne comme œuvre d'art. Dieu réside dans les détails, etc.» L'artiste est de son temps; il ne méprise pas la fortune.
Il est de tous les temps; cette sculpture, ce
«Memento mori» - «Souviens-toi de la mort» -
appartient à la plus ancienne des traditions.
© Le Temps, 2007 . Droits de reproduction et de diffusion réservés.
L'art, le luxe, la mort : la pièce la plus coûteuse jamais réalisée de mémoire de sculpteur.
L'oeuvre grimaçante qui figure en couverture vaut littéralement son pesant de diamants. Sur ce crâne grandeur nature, réplique en platine de celui d'un homme décédé au XVIIIe siècle, l'Anglais Damien Hirst en a incrusté 8601, y compris dans le creux des orbites. Pour l'amour de Dieu pourrait bien s'avérer la pièce la plus coûteuse jamais réalisée de mémoire de sculpteur: il y a englouti entre 15 et 19 millions de dollars, dont près de la moitié pour l'énorme joyau de quelque 50 carats qui orne le front.Damien Hirst n'a certainement pas regretté l'investissement puisque son crâne a trouvé preneurs, en août dernier, pour 100 millions de dollars. La transaction, passée en août dernier avec un groupe d'acheteurs, a fait sensation. Ne dit-on pas que l'artiste lui-même en ferait partie? Il a l'habitude des records. En juin déjà, Lullaby Spring, une armoire à pharmacie métallique contenant 6136 pilules faites à la main et peintes individuellement a été vendue 19,2 millions de dollars chez Sotheby's. Il s'agit de l'œuvre la plus chère vendue aux enchères pour un artiste encore vivant. Dont les mérites, outre la perspicacité financière et la capacité de conduire sa carrière, sont effectivement grands.
Damien Hirst, 39 ans, vite remarqué par le célèbre marchand Charles Saatchi, figure en tête du mouvement des Young British Artists: original, vigoureux, provocant. Grand metteur en scène des corps et des univers biologiques, telle sa série d'animaux plongés dans du formol. «Y a-t-il meilleure manière de dire «Au diable la mort!» que de couvrir son symbole de luxe, de désir, de décadence? Du crâne d'origine, je n'ai conservé que les dents. Il faut cet élément grotesque pour que cela fonctionne comme œuvre d'art. Dieu réside dans les détails, etc.» L'artiste est de son temps; il ne méprise pas la fortune. Il est de tous les temps; cette sculpture, ce
«Memento mori» - «Souviens-toi de la mort» -
appartient à la plus ancienne des traditions.










