11 novembre 2007
Quelles dates et quels noms pour demain ?
11 novembre & sculptures...
Sculptures monumentales , pacifistes, patriotiques ou non, les monuments aux morts font partie intégrante de l'histoire de la sculpture française du XX° siècle. En ce 11 novembre, un aperçu en signe de paix pour le monde de ce nouveau siècle...
Ces monuments ne sont-ils pas voués à l'oubli ? Le discours des morts aux vivants qui autrefois prenait force et vigueur dans la symbolique que les monuments engendraient, n'est-il pas destiné à ne devenir plus qu'un discours des morts aux morts ?Signifiant-Signifié
La signification des monuments aux morts, ainsi que le discours de paix et de fraternité dénonçant la guerre et ses horreurs, ne se sont-ils pas émoussés au fil des années et à chaque fois que la com mune rajoutait des noms à la suite des premiers : 1939-1945, Guerre d'Indochine, Guerre d'Algérie, Liban, Afghanistan, Afrique, Moyen-Orient... ? Ajoutés, comme une liste qui ne cesse d'être non-exhaustive, sur une "sculpture-monument" inspirée par une autre guerre, par un artiste en réaction avec son temps et ses propres sensibilités, le "Monument" doit devenir un lieu de mémoire pour toutes les victimes de toutes les guerres et de tous les pays : un mémorial à la Paix (ci contre Capoulet et Junac en Ariège : peur, souffrance et mort.de Bourdelle)L'esthétique de la Mort
L'art et plus particulièrement la sculpture a trouvé dans ces travaux , génaralement des commandes, un nouvel expressionisme post-romantique.entre religion et république. La mort glorifiée. Ces sculptures diffèrent tant par les thèmes que par les techniques : pierre de pays, marbre, granit, bronze ou stèles, voire mausolées. Du simple marbrier aux artistes reconnus dans les années 20, c'est tout un art qui voit le jour au lendemain de la première guerre mondiale, inspiré soit par la flamme patriotique, soit par le dégoût de la guerre.
Les "Plus jamais ça !"
Certains artistes, guidés par leurs sentiments pacifistes, ont osés certains monuments atypiques, décriés. L'esthétique réside alors dans le témoignage et la douleur, comme certaines pleureuses, mère ou épouse ou bien encore crosses en l'air.D'autres à la mémoire des fusiilés qui ne feront jamais l'unanimité jusque récemment.
La réconciliation
Le temps a passé depuis quatre-vingt dix années, les monuments sont toujours là, mais l'heure est à la réconciliation depuis le septenant de François Mitterand. Un exemple émouvant, en est la preuve.A Biron, village de Dordogne, c'est Jochen Gerz un artiste allemand qui a restauré en 1996 le monument aux morts. Un monument original, à jamais inachevé.
En 1992, Marc Mattera, le maire de Biron, propose de restaurer l'ancien monument aux morts situé sur la place du village. "Biron est un village classé, explique-t-il. Toutes les rues avaient été remises à neuf. Ce monument en béton, qui datait des années 1920, était entièrement fissuré. Nous voulions le refaire en pierre jaune du Périgord, comme le reste du village. J'en ai parlé à l'architecte des Bâtiments de France qui m'a suggéré de confier la restauration à un artiste contemporain."Un artiste allemand, Jochen Gerz, est choisi pour réaliser cette commande. Certains villageois, notamment ceux qui ont combattu lors de la Seconde guerre mondiale ont sursauté en entendant parler d'un Allemand. "Nous avons choisi Jochen Gerz, car il était l'auteur de plusieurs monuments contre le fascisme à Hambourg, poursuit le maire. Nous poursuivions le même combat contre la guerre en quelque sorte..."
Le projet, présenté devant tous les villageois, séduit et surprend. Jochen Gerz propose de restituer l'ancien obélisque en pierre de Dordogne et d'en réaffirmer la présence. "Le monument, explique-t-il, personne ne savait où il se trouvait. Il était là, au milieu du village, depuis longtemps, mais ni les habitants, ni les touristes ne s'en apercevaient. Il faisait donc référence à quelque chose de visible qui, avec le temps, semblait avoir disparu. (...) On s'était habitué à lui et on ne le voyait plus".
Comment réaffirmer la présence du monument ? Gerz pose une question "secrète" aux 127 habitants de Biron autour du thème : "Qu'est-ce qui est, selon vous, assez important pour risquer votre vie ?" Son oeuvre est constituée des réponses des villageois. Reproduites sous la forme de quelque sept lignes anonymes gravées sur des plaques émaillées, fixées au monument, au socle et au sol, ces phrases traitent de la valeur et du prix de la vie, de la liberté, du futur et de l'amour. Jochen Gerz a rencontré tous les habitants lors d'entretiens individuels et leur a posé la question restée secrète. Un seul a refusé de répondre. Les phrases qui figurent sur les plaques reproduisent au mot près la réponse de chacun des villageois. Chaque citoyen est ainsi co-auteur, responsable de l'oeuvre et porteur de la mémoire qu'elle constitue face à l'oubli.
Dans la tradition du pays
Marie Jeanne de Fouesnant dans le Finistère.
Ce monument au mort, est un peu particulier, car il s'inscrit tant par sa technique sculpturale et statuaire, que dans le choix du sujet dans la tradition bretonne.-
« C'est la vieille maman de la terre Bretonne,
Qui pleure sur ses fils tombés au champ d'honneur,
Visage buriné par l'âge et la douleur,
Que je veux saluer sous le ciel monotone.
Seule...Point de soldat ou d'ange qui claironne,
Monument sobre, unique et de telle valeur,
Qu'on admire en passant la femme et le sculpteur,
Déposant à leurs pieds une même couronne.
Adossée à l'église et face au cimetière,
Coiffe de deuil, debout, recueillie, en prière,
Marie Jeanne, mère immortelle de Fouesnant,
Du pays tout entier n'est elle pas l'image?
Gravité, force et grace, où l'esprit va glanant,
Des bois remplis d'oiseaux aux féériques rivages.»
C'est ainsi que la poétesse Marcelle Duba a exprimé son émotion devant ce monument aux morts de Fouesnant en Juin 1965. Ce monument est l'oeuvre de René Quillivic, sculpteur breton. La conception et la décision de confier la réalisation de ce monument à Quillivic ne sont pas le fruit du hasard.
En effet, c'est 180 des enfants de Fouesnant qui ne sont pas revenus de la guerre. Les rescapés, souvent mutilés, racontent le guerre. Les assauts dévastateurs pour regagner quelques métres de terrain, reperdus quelques jours plus tard. Aprés chaque attaque, les soldats blessés, abandonnés par leurs camarades à cause des tireurs allemands, hurlaient de douleur certe mais aussi pour appeler à l'aide leurs camarades et les brancardiers. Mais peu à peu les cris diminuaient, désespérés les soldats agonisants appelaient alors leurs mères : " Mamm, Mamm, savetet enmom...Sicouret ennom" . Plus que les blessures et le gaz, les cris des condamnés, abandonnés de tous, appelant leurs mères en ultime recours, ont marqué à jamais les rescapés.Dés 1920, le comité en charge du "monument" decide que celui ci symbolisera les souffrances d'une mère fouesnantaise en costume de deuil dans une attitude de résignation et de prière. Pour le modéle, le comité décide de choisir une mère qui a perdu plusieurs de ses enfants. C'est Marie Jeanne Nézet qui est choisie. Elle a non seulement perdu 3 de ses enfants (Jean, Pierre et Christophe) mais un autre fils, Yves a été gazé ainsi qu'un de ses gendres M. Bourhis. Ce dernier est par ailleurs revenu invalide, il a eu les pieds gelés au front.
Pour la réalisation de l'oeuvre, le comité décide de retenir René Quillivic, originaire de Plouhinec et statuaire de son état.
En conclusion
Si une image représentative de la guerre de 14 existe, c'est bien celle du poilu, ce soldat symbole même de l'âme des tranchées. C'est un poilu anonyme, représentation de tous ceux qui ont combattu. Au vu de l'impact du désastre humain sur les esprits, on aurait pu penser que la statuaire du poilu était la seule possible pour glorifier les Morts pour la France. Les autres représentations sont trop rares, essentiellement dans les petites communes.Libellés : guerre, monument, mémoire, paix, Sculpture
Commentaires:
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Il est passionnant cet article sur les monuments aux morts d'inspiration pacifistes. Bien sûr, il eu été plus courtois de citer les sources, l'essentiel de l'aticle étant un copié collé de mon blog, mais bon l'essentiel n'est il pas de faire connaitre ces oeuvres.
Cordialement
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