Les pierres qui marchent : plan du Chemin Fais'Art...    fermer le plan du chemin Fais'Art
10 Août 2007

La France des départements ou la solidarité au quotidien

À l’invitation de Jean-Yves Gouttebel, le président de l’Assemblée des départements de France, Claudy Lebreton, était en visite dans le Puy-de-Dôme le 29 mai dernier. Entretien croisé entre le président du conseil général et son homologue breton.

Claudy Lebreton - Gilles Perez et Colette...


Pourquoi avoir choisi de montrer au président de l’Assemblée des départements de France le chantier d’insertion de Chemin Fais’Art à Chapdes-Beaufort et le Centre départemental de l’enfance et de la famille à Chamalières ?
Jean-Yves Gouttebel : Le chantier d’insertion conduit par l’association Chemin Fais’Art est symbolique de l’engagement du Conseil général dans sa mission de solidarité. Grâce au soutien de notre collectivité, il a permis à 80 personnes en contrat d’insertion d’apprendre les métiers de la pierre ou de parfaire une formation artistique à travers la réalisation de sculptures monumentales imaginées par Gilles Perez. Ce chantier combine excellence et insertion. Il est très valorisant pour les personnes en insertion et constitue un réel tremplin pour le retour à l’emploi. Le Centre départemental de l’enfance et de la famille exerce quant à lui une mission d’accueil d’urgence des enfants ou adolescents en danger, ainsi que des mères isolées avec leurs enfants, confrontées à de graves difficultés sociales ou familiales. Il fait actuellement l’objet d’une complète restructuration, entièrement financée par le Conseil général pour un montant de 13 millions d’euros. Sa visite a été l’occasion de rappeler - car on l’oublie trop souvent - que l’aide sociale à l’enfance est l’une des compétences majeures dévolues au Conseil général.

Que retenez-vous de ces visites ?
Claudy Lebreton : À chacune de mes visites sur le terrain, je mesure un peu plus l’efficacité des politiques conduites par les conseils généraux. C’est encore le cas aujourd’hui dans le Puy-de-Dôme. La qualité du travail accompli montre que les élus départementaux ont su prendre à bras-le-corps les responsabilités qui leur ont été confiées par les lois de décentralisation. Et qu’ils les assument souvent avec plus d’imagination et d’efficacité que l’État ne le faisait autrefois.

Depuis les lois Defferre, il y a 25 ans, les départements se sont ainsi affirmés comme des collectivités de proximité, au coeur des solidarités sociales et territoriales. Après les lois de 1982 et de 2004, une troisième phase de décentralisation est-elle souhaitable ?
Jean-Yves Gouttebel : Clarifions d’abord les derniers transferts réalisés ! La décentralisation façon Raffarin n’a pas grand chose à voir avec la décentralisation façon Defferre. Elle ressemble plus à un délestage de certaines charges de l’État vers les collectivités locales qu’à un véritable transfert de responsabilités. Nous ne revendiquons pas nécessairement de nouvelles compétences. Nous revendiquons une décentralisation plus aboutie sur les dernières compétences qui ont été dévolues aux départements. Plus aboutie sur le plan financier avec une compensation intégrale des compétences transférées. Plus aboutie également sur le plan réglementaire, pour que nous ayons les moyens d’exercer pleinement les nouvelles responsabilités qui sont les nôtres. Claudy Lebreton : S’il devait y avoir une troisième phase, ce serait forcément celle de la démocratie territoriale. Nous faisons des propositions très précises pour améliorer les pratiques démocratiques locales. Avec le sénateur Jean-Pierre Bel, j’ai récemment proposé 40 mesures concrètes, parmi lesquelles la limitation du cumul des mandats, le renouvellement intégral des conseils généraux tous les 6 ans au lieu d’un renouvellement par moitié tous les 3 ans, le statut de l’élu…

Comment concevez-vous les relations des collectivités avec l’État ?
Claudy Lebreton : Les collectivités ont pris une telle importance dans la vie quotidienne des Français et la prospérité de la nation qu’aujourd’hui aucune politique nationale ne peut être conduite sans elles. Et encore moins contre elles. Dans les relations entre l’État et les collectivités, il faut donc passer d’une logique où l’on impose les choses à une logique de concertation, voire de négociation. Il est nécessaire d’avoir une instance nationale de négociation des relations institutionnelles et financières entre l’État et les collectivités. Cette instance devrait être consultée sur tous les projets de loi ou de décret touchant à l’exercice des compétences locales. Jean-Yves Gouttebel : L’État ne peut décider seul sur des questions qui relèvent de la compétence des collectivités. Sur le projet de suppression de la « carte scolaire » par exemple, des décisions sont prises actuellement sans la moindre concertation avec les conseils généraux alors que ce sont les départements qui ont la responsabilité de la sectorisation des collèges, de leur construction, de leur entretien, de leur fonctionnement et des transports scolaires. Sur ce dossier comme sur beaucoup d’autres, les compétences respectives de l’État, des départements et des autres collectivités ont besoin d’être clarifiées. La mise en oeuvre des politiques publiques doit se faire dans la transparence, la complémentarité et la confiance.

Un système dans lequel l’État décide et les collectivités exécutent et financent n’est pas acceptable. La fiscalité locale est-elle adaptée au nouveau paysage institutionnel créé par la décentralisation ?
Jean-Yves Gouttebel : Quel que soit le pouvoir politique en France dans les années qui viennent, il ne fera pas l’économie d’une réforme de la fiscalité locale. D’abord parce que l’impôt actuel est injuste. La taxe d’habitation, par exemple, ne prend en compte ni les revenus du contribuable ni la réalité du logement (ses bases n’ont pas été actualisées). C’est d’ailleurs pour cela et afin de ne pas pénaliser les contribuables puydômois les plus modestes, que le Conseil général a décidé cette année de faire une pause fiscale. Claudy Lebreton : Il faut repenser l’ensemble de la fiscalité locale pour permettre aux collectivités d’avoir des ressources à la hauteur de leurs responsabilités. Le nouveau système doit être plus juste, plus solidaire et plus moderne, sans augmenter le montant des prélèvements. Pour ce qui concerne les départements, je suis favorable à la suppression de la part départementale de la taxe d’habitation et à son remplacement par une contribution départementale généralisée, calquée sur la CSG.
in Puy de Dôme en Mouvement N°83
10 Août 2007

Chemin Fais’Art: Des oeuvres d’art plein la nature

Sur la commune de Chapdes-Beaufort,dans les Combrailles,le Chemin Fais’Art offre une promenade unique à travers le plateau boisé qui mène sur le site de l’ancien château deBeaufort. Le sentier de 3 kilomètres présente la particularité d’être parsemé de sculptures contemporaines réalisées en pierre de Volvic. Une idée d’un sculpteur local…

Claudy Lebreton - Gilles Perez et Colette... L'histoire du chemin commence lorsque la commune décide d’aménager l’accès au château de Beaufort.Gilles Pérez, sculpteur du pays, y voit tout de suite un projet intéressant à monter : « Nous avions un double objectif : profiter de ce lieu comme espace de création artistique et former des personnes au métier de la pierre », explique-t-il.

L’association Chemin Fais’Art est créée, soutenue par le Conseil Général dans le cadre de sa politique d’insertion sociale. 1992, une première sculpture fruit du travail de l’équipe de huit personnes en chantier d’insertion, sort de terre. Depuis, ce sont une à deux nouvelles oeuvres d’art qui viennent compléter le balisage du chemin chaque année.

« Et plus ça va, plus elles sont énormes ! »
, plaisante aujourd’hui le sculpteur. À l’image de cette dernière en cours de réalisation, qui ne mesure pas moins de 45 mètres de long sur 6 mètres de hauteur et qui a trouvé sa place sur un vaste champ récemment mis à disposition par la commune. La matière première est offerte par des entreprises locales convaincues de l’intérêt de ce projet, comme la Graniterie des Volcans près de Mazayes qui n’a pas hésité à fournir 250 pierres pour la dernière sculpture ! La petite randonnée totalise une distance de 7 km, chemin compris, soit environ deux heures de marche, et elle offre à tous ceux qui souhaitent allier balade et culture l’occasion d’un grand plaisir.
in Puy de Dôme en Mouvement N°83
10 Août 2007

LEBRETON Claudy

Claudy Lebreton est conseiller général du canton de Jugon-les-Lacs depuis 1992

Claudy Lebreton
  • Maire de Plénée-Jugon de 1977 à 2000
  • Président de la communauté de communes Arguenon-Hunaudaye
  • Président du conseil général des Côtes-d'Armor depuis 1997
  • Président de l'Assemblée des départements de France (ADF) depuis mai 2004
  • Depuis 2003 il préside la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR). Il est né en 1948, a exercé la profession de kinésithérapeute et milite au Parti socialiste depuis 1975.


  • 5 Mai 2004

    Claudy Lebreton, président du conseil général des Côtes-d'Armor, nouveau président de l'Assemblée des départements de France L'Assemblée des départements de France (ADF), réunie mardi au Sénat en assemblée générale, a porté à sa tête le socialiste Claudy Lebreton, président du conseil général des Côtes-d'Armor. M. Lebreton, qui a obtenu 53 voix, a devancé son collègue de l'Aube Philippe Adnot (DVD) dont la candidature, soutenue par la droite, a recueilli 45 suffrages. Trois membres de l'ADF sur 101 votants ont voté blanc. Claudy Lebreton succède à Jean Puech, qui présidait l'ADF depuis 1989.
    Kinésithérapeute de formation, le nouveau président de l'ADF, 56 ans, a été maire de Plénée-Jugon de 1977 à 2001, commune dont il est aujourd'hui adjoint. Il a également été conseiller régional de Bretagne de 1994 à 1997. M. Lebreton est par ailleurs, depuis 2002, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale et, depuis 2003, de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains. Dans un communiqué, le nouveau président de l'ADF affirme que, dès son élection, il a "rappelé son attachement au caractère pluraliste et républicain de l'association". Il a dit, en ce qui concerne les "futurs contours de la décentralisation", "son attachement profond à défendre et promouvoir notre démocratie territoriale". Conseiller général de Rignac (Aveyron) depuis 1970, président du conseil général d'Aveyron depuis 1976 et sénateur depuis 1980, M. Puech, 62 ans, avait décidé après les dernières élections cantonales de ne pas se représenter à la présidence de l'ADF.
    in Wikipedia
    10 Août 2007

    GOUTTEBEL Jean-Yves

    Jean-Yves Gouttebel est Président du Conseil Général du Puy de Dôme (63)

    Jean-Yves Gouttebel Biographie
  • Professeur associé à la faculté de droit et de sciences politiques, expert en développement territorial.
  • Depuis 2001, vice-président du Conseil général du Puy-de-Dôme, en charge de l’environnement et de l’habitat.
  • Depuis 1998, conseiller général de Clermont-Ferrand Ouest ; de 1995 à 1998, délégué national du PS au commerce, à l’artisanat et au tourisme ; de 1977 à 2001, adjoint au maire de Clermont-Ferrand, chargé des finances et du développement économique.
  • Il a été un proche de Jacques Delors dans le cadre du club Témoin.
  • De 1991 à 1997, directeur de la société de développement régional SODECCO (Société pour le développement de l’économie du Centre et du Centre-Ouest).
  • De 1984 à 1991, adjoint au Commissaire à l’aménagement du Massif central.
  • Auteur de plusieurs ouvrages, dont « Stratégies de développement territorial », paru en 2003.
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